"Ce n'est pas une bonne nouvelle"
Pour l’économiste Denis Durand, la hausse de la Bourse est le symptôme d’une économie toujours pilotée par les marchés financiers.
30 décembre 2009
Entretien réalisé par Olivier Mayer ( Journal l’humanité)
Qu’est-ce quil rend confiants les actionnaires ?
Denis Durand.
En fin 2008, la bourse avait beaucoup baissée et, depuis le début 2009, on assiste à une remontée qui s’explique principalement par les efforts des gouvernements pour sauver le systhème financier international : le renflouement des banques en difficulté, les plans de relance et les taux d’intérêts très bas. Tout ça ouvre aux spéculateurs des perspectives de profits. La baisse de 2008 était loin d’avoir dégonflé la surracumulation de capital à l’origine de la crise. Il reste un énorme excès de capitaux toujours à la recherche de placements. Il est trop tôt, après la crise des subprimes, pour spéculer sur l’immobilier, de même sur les matières premières qui commencent juste à remonter. Reste la spéculation sur les actions. Les spéculateurs espèrent bien voir revenir en 2010 des opérations de "fusion-acquisition", très profitables en général pour eux. En précisant que le grand danger qui pése sur l’économie mondiale, est le phénomêne spéculatif sur la dette publique.
Est-ce que cet afflux de capitaux est une bonne chose pour l’économie ?
Denis Durand.
Ce n’est pas une bonne nouvelle. c’est le symptôme d’une économie toujours pilotée par les marchés financiers. Les mêmes causes vont provoquer les mêmes effets ; montée du chômage, poursuite de la pression sur la masse salariale, developpement de la précarité pour affaiblir la résistance des salariés, modes de gestion dont on a vu les effets chez France Télécom...Il y a certes eu une légére reprise d’activité en fin 2009 mais les prévisions n’indiquent en rien une sortie de crise. Les conditions d’une recession plus sévéres encore qu’en 2008 restent réunies. Car, si une reprise d’activité se produisait, elle buterait très vite à la fois sur les exigences de rentabilité de la finance et sur des phénomènes de suraccumulation réelle qui finiront par se produire.



