Voilà ce que la France dépense pour faire la guerre en Afghanistan

Alors que le taux de chômage n’arrête pas d’augmenter dans notre pays et que des millions de repas vont être distribué aux pauvres par les ONG ( Secours Catholique, Secours Populaire et Resto du Cœur ) voilà ce que la France dépense pour faire la guerre en Afghanistan pour soutenir un régime corrompu et à la solde des Etats-Unis.
3 décembre 2009
La France va consacrer à l’Afghanistan au moins 330 millions en 2009, un coût qui est déjà en hausse de 40% par rapport à 2008.
A l’été 2008, Nicolas Sarkozy décidait de renforcer la présence française en Afghanistan portant le nombre de militaires français engagés à plus de 3.000 hommes.
Cet engagement appelé à s’inscrire dans la durée, génère des coûts financiers importants : 330 millions d’euros sont prévus en 2009, selon l’évaluation de la commission des Finances de l’Assemblée nationale dans un récent rapport. L’Afghanistan absorbe 40% des crédits affectés aux "Opex" ou, dans le jargon militaire, les opérations extérieures. Le coût de toutes les opérations militaires de la France à l’étranger ne cesse d’augmenter. En 2009, les dépenses en Afghanistan ont marqué une hausse de 40% par rapport à 2008 (236 millions) en grande partie en raison de l’envoi de plus de 1.000 soldats supplémentaires à l’été 2008.
Premier poste de dépenses, les rémunérations et cotisations sociales à verser aux militaires en opération (3.247), s’élèvent à 120 millions en 2009 contre 90 millions en 2008. Les primes de risques et d’éloignement de la famille engendrent un surcoût très important ainsi que l’usure précoce du matériel. Cet élément, difficile à évaluer, n’est pas inscrit dans les budgets prévisionnels des Opex.
37.000 de surcoût par blindé
Lors de son déplacement en Afghanistan, Louis Giscard d’Estaing, co-auteur du rapport, a relevé que la location de véhicules civils blindés en Afghanistan entraînait un surcoût de 37.600 euros sur un période d’utilisation de trois ans. La location d’un véhicule sur cette période étant de 237.600 euros contre 200.000 à l’achat y compris entretien et transport en avion. Une économie importante est à la clé, avec en plus, l’opportunité de pouvoir revendre le matériel sur le marché de l’occassion. Mais l’armée privilégiè l’achat de véhicules civils blindés, quitte à "empiéter sur les crédits dévolus à l’équipement des armées". Pourquoi ?
L’achat du véhicule considéré comme une dépense d’équipement n’est pas remboursé par le ministère des Finances, contrairement à la location considérée comme une dépense de fonctionnement, qui donne lieu à un remboursement en fin d’exercice budgétaire.
Aucun gain pour les entreprises françaises
Autre grief des députés : l’absence totale d’entreprises françaises sur les théâtres d’opération. "Les entreprises françaises gagnent zéro euros dans les Opex si bien que l’armée est forcée de passer ses contrats de logistique et d’intendance avec des sociétés étrangères" (hollandaises, britanniques, Turques…)", explique la député Françoise Olivier-Coupeau. Lorsque la situation est suffisamment sécurisée, la présence d’entreprises françaises sur les théâtres des opérations permettrait non seulement de les impliquer dans des opérations de reconstruction et de soutien financées par la Défense mais aussi de mieux définir les rôles de chacun.
Aujourd’hui, ce sont les militaires qui se conscrent à ces opérations de coopération et à la reconstruction, non sans intérêt pour leur image mais pour leurs finances. Un gisement important d’économies pourrait être réalisé si les entreprises françaises passaient directement des contrats avec les autorités locales et non plus avec l’armée.
Coût des Opex : 1,336 milliards d’euros
La situation en Afghanistan, comme dans les autres Opex, est source de coûts impondérables, inhérents à une mission lointaine et périlleuse. Mais,selon le rapport de l’Assemblée, l’armée manque d’une culture comptable, ce qui contribue à sous-budgétiser le coût des opérations lors du vote du budget de l’Etat à l’automne.
Ces budgets sont appelés à grossir au fil de l’évolution sur le terrain et les députés doivent accorder des rallonges en cours d’an 826 millions d’euros néecessaires . "La budgétisation des Opex, n’atteignait que 4% du coût réel en 2003 et s’est approchée de la réalité à un rythme très lent pour plafonner à 54-55% en 2007 et 2008", indique la commission des Finances. Ainsi, sont consacrés aux Opex en 2009 dans le budget de la Nation, une somme largement sous-évaluée selon les députés qui ont prévu une provision de 510 millions d’euros pour les surcoûts. Le coût réel des Opex sera donc plutôt de 1,336 milliards d’euros en 2009.
Thibaud Vadjoux
Déclaration du Parti Communiste Français
La guerre en Afghanistan, la mort de soldats français dans des combats contre les Talibans, mais aussi de nombreux civils afghans victimes des bombardements de l’OTAN... tout cela suscite beaucoup d’émotion, d’inquiétudes et d’indignation mais aussi de questionnements quant à la dangereuse logique de force de la coalition militaire sous l’égide des Etats-Unis et de l’ OTAN, quant à l’impasse dramatique à laquelle conduit cette politique, quant au rôle de la France et des européens.
Des questionnements aussi quant à la situation en Afghanistan, aux Talibans et à leurs liens avec la mouvance de l’islamisme politique radical dans la région, y compris au Pakistan.
Nous pensons qu’il est nécessaire que les forces politiques et sociales qui veulent réagir à cette situation, exprime leur refus de la guerre, leur volonté d’un changement urgent et profond de la politique étrangère de la France qui s’aligne aujourd’hui sur Washington et s’intègre complètement à l’ OTAN. La sécurité n’est-elle pas d’abord à trouver dans une réponse politique et la reconstruction du pays par le peuple afghan ?
C’est en ce sens et pour ces objectifs que le PCF appelle les partis de gauche, les associations pacifistes, de solidarité et de défense des droits de l’Homme et les syndicats à se rencontrer très rapidement pour qu’en France des voix progressistes s’élèvent pour la paix, pour la démocratie et les droits des peuples. Ces voix doivent également s’entendre au niveau européen.



